Crocell Café

jeudi 29 décembre 2011

la terrasse De rage ou d'épuisement

"And at once I knew I was not magnificent."

L'année file vers le grand néant où finissent les pots cassés, les filtres écrasés et les flûtes en plastique dont plus personne ne veut. On entre dans la grande quinzaine des joujoux par milliers, du bonheur sur toutes les figures, de la bouffe souveraine et des rediffusions de Sissi. C'est toujours à l'approche de cette période enguirlandée que tu décanilles quelques souvenirs comme autant de chocolats, entre deux réunions de famille formidables ou désastreuses, et que tu fais défiler la recharge d'agenda pour savoir de quelles priorités tu vas meubler ton nouveau quotidien annuel. Changer de recette, épicer la formule, opérer un backup de l'unité centrale et repartir pour un tour. Sortir, boire, fumer, danser, rentrer hilare et éreinté, puis remettre le couvert alors que les lombaires en grève te rappellent que la quarantaine approche et qu'avec elle, il deviendra de plus en plus difficile de quitter la cabine du commandant. Chercher là où tu n'as pas encore cherché ce que tu n'as pas encore trouvé mais avec plus d'optimisme, cette fois. Sauf si les derniers exemplaires en stock ont été vendus juste avant la fermeture du magasin. Manger mieux, dormir moins, sourire plus. Il n'y a que sur les listes de bonnes résolutions qu'on trouve autant d'infinitifs. Ce doit être le petit côté péremptoire, façon guide de survie, qui te laisse croire que tu en tiendras au moins quelques-unes. Comme celle de ne pas faire du sport ou de ne pas entamer de régime. Tu regarderas tes chaussures au moment des embrassades sous le gui pour ne pas sentir la terreur monter du bas du ventre. Tu retrouveras un poil de contenance en dégustant les muffins à la carotte. Tu reprendras du champagne en égrenant ces joyeusetés que l'an nouveau va apporter. Tout va changer. Ce sera la fin de la crise ou la fin du monde. On privilégiera les soldes d'hiver aux soldes d'été. On échangera la monnaie unique contre des tickets de foire. On remplacera l'ancien décrépit par du flambant neuf. Il y aura plus de libertés, d'égalités, de fraternités, et plein d'autres mots finissant par thé. On infusera dans la joie de vivre. Ce sera l'année de la refonte, de l'innovation, de l'exotisme. Même le pays devra s'y mettre s'il veut troquer une musaraigne survoltée contre une carpe surgelée pour diriger la capitainerie, en espérant que les gars de la marine resteront à bonne distance du port. Tout va changer. Rien ne va changer. Tu es pour l'alternance. C'est la tranquillité, le changement dans la continuité. A l'image de ces soirs où tu vas boire un verre avec celui que tu ne connaissais pas avant-hier, que tu espères peut-être revoir après-demain, qui se révèle finalement insupportable avant même que tu n'aies fini de le détailler. Tu compteras sur le prochain, aussi improbable soit-il, celui qui captivera ton regard avant de te faire comprendre, en un instant, dans une bouffée de cigarette, que tu n'as rien de magnifique. La répétition de l'exercice à plusieurs jours d'intervalle peut entretenir une certaine logique absurde dont tu ne te départiras qu'avec les mêmes remèdes. Sortir, boire, fumer, danser, donc. Danser, c'est peut-être la chose la moins conne à faire, quand on y réfléchit. S'oublier longuement, physiquement, complètement, sur de l'électro sinueuse ou de la house liftée, sur du funk bon teint ou du jazz bon temps, et ne plus rien entendre que ce son qui passe dans la tête, qui enveloppe tout le monde, qui isole tout un chacun, qui s'impose comme le dernier rempart d'un univers qui marche sur la tête. On s'imbibe le samedi de lignes de basse atomiques et de rythmiques nucléaires. On s'agite au milieu de garçons que la jeunesse rend aussi sûrs qu'insolents. On se frôle entre deux cylindres de lumière rose en caressant de simples possibilités juste parce que la montée s'y prête admirablement. On se crée un peu de magie, on s'échange un regard, on se suit dans un couloir, on n'attend rien en retour. C'est la génération canapé, celle qui bouffe n'importe quoi affalée devant Koh-Lanta, celle qui pose déjà ses fringues le temps que tu ailles chercher un coca dans le frigo, celle qui se fiche pas mal de savoir ce que tu as dans la bibliothèque du moment que tu lui montres ce que tu as dans le caleçon, celle qui ne te promet rien mais te demande tout. Une idée chasse l'autre. On baise ? C'est cool. Celle qui veut bien t'aider à oublier mais qui sera partie demain matin. Tu n'avais rien compris, en fait. Tout ceci est un jeu, une vaste blague, un festival à voir seulement le week-end si tu as trouvé des préventes. Lundi, tu retourneras draguer des trentenaires sinistres, qui parleront vins rouges et voyages en première, en cachant sous la table les valises de merde qu'ils voudraient qu'on porte pour eux. Tu aimerais dire que tu n'en peux plus, que toute cette indécision universelle qu'on te montre à longueur d'année te flanque la nausée, mais tu te réjouis en sachant que, de toute manière, la période se prête à l'indigestion, entre verrines de crème de citron et émulsions de noisettes torréfiées que compilent jusqu'à en vomir les suppléments culinaires de saison. Tu te prépares à reprendre une part de bêtisier en même temps que de la chantilly de betterave mais tu n'es pas fait pour cette époque, pour ce corps, pour ces âges. A vingt, ils sont impossibles. A trente, ils sont paumés. A quarante, ils sont finis ? Combien de temps ce cirque peut-il encore durer ? Tu crois qu'il est écrit quelque chose comme dix ans sur ton billet, mais il se trouve quelque part au fond d'une poche. Tu es certain qu'approcher la cinquantaine dans les mêmes circonstances ne peut conduire qu'à la réclusion volontaire ou au suicide aménagé. Certains s'obstinent, tu sais. On les croise toujours, là où on danse, tard, quand l'alcool n'a pas tout déformé et qu'on est encore capable de regarder autour de soi. Ils ne dansent pas, ils ne dansent plus, ils sont au bar. Revenant narguer ceux qui ont encore l'âge de ne pas s'en faire. Rêvant d'un impossible ailleurs, d'instants enfuis à jamais, d'une autre incarnation où un cercle se formerait sur la piste pour les regarder briller. Tu ne veux pas être de ceux-là, tu ne veux pas t'aigrir, te rancir, te flétrir comme une vieille chose oubliée sur un quai de gare, tu ne veux pas te laisser gagner par la colère et la lassitude. L'année file et le temps presse. On se packe au nouvel an comme on se packe en instance. Pour partager les dégâts que font les souvenirs si personne ne fait de contrôle. Tu as passé beaucoup trop de temps au bar. Tu suivrais bien le lapin jusqu'au fond de son terrier. Tu voudrais seulement être sûr qu'à l'autre extrémité, il aura quelque chose à te proposer. Une promesse, un désir, un souffle peut-être. Au pire, tu lui casseras la gueule et tu lui braqueras sa montre.

lundi 12 décembre 2011

la galerie Publicité


Vincent Price
- client du Crocell Café depuis 1962 -

vendredi 25 novembre 2011

le salon Tintin au pays des citrouilles

Ce devait être le reportage de ma carrière, la soirée de l'année, la sauterie du siècle, le happening festif le plus prisé de l'école franco-belge. Tout ce que j'avais à faire, c'était de me pointer là-bas avec mes culottes de golf et ma houppette soigneusement gélifiée. J'y trouverais forcément de quoi écrire un sacré papier pour Le Petit Vingtième. Le billet que j'avais reçu précisait bien de venir déguisé mais je n'allais pas me réfugier derrière un vulgaire incognito. Tout le monde me connaît, de sept à soixante dix-sept ans, et il valait mieux capitaliser sur cette notoriété publique pour rendre le meilleur de l'événement que de tenter de me faufiler entre des convives susceptibles de me démasquer à tout instant. Et ce brave Milou qui croyait que j'avais perdu la raison ! (Le Lotus Bleu, planche 24, case 14) Il est vrai que la chronique mondaine n'est pas mon rayon mais entre les virées dans les fumeries d'opium et les retraites dans les lamaseries tibétaines, je commençais à trouver le temps long. On m'avait promis une fête d'anthologie et on allait voit ce qu'on allait voir, sapristi !

Afin d'assumer pleinement mon image universelle, j'avais choisi de me rendre au raout en transports en commun, malgré toute la répugnance que j'éprouve pour ce mode de locomotion, moi qui voyage plutôt à cheval, à moto, en auto et en avion et qui possède à ce titre mon brevet de pilote sans jamais l'avoir passé. Malgré les coups d'œil intrigués des passants et l'inconfort de se balader en pantalon court quand il fait dix degrés dehors, le trajet était allé sans encombre. J'avais même accepté de rejoindre monsieur Rastapopoulos et de faire le chemin avec lui. Ce gredin est désormais rangé des voitures, il est du bon côté de la loi, du moins me l'assure-t-il. Tout de même, il faut être très prudent. (Les 7 Boules De Cristal, planche 30, case 1) Les vieilles habitudes ne sont jamais bien loin et on se retrouve ligoté et assommé, sitôt la page quatorze tournée. Il a passé le trajet à m'entretenir d'une juteuse affaire de casinos dans laquelle il vient de se lancer à Vegas. Je nous revois, franchissant la grille d'entrée, contemplant les ferronneries ornées d'objets aussi divers que des potirons empalés, des insectes nuisibles ou des membres coupés. God, what is this place? C'est à cet instant, dirais-je si je devais raconter la scène à un policeman, que tout bascule.

Je suis accueilli à bras ouverts par le gentil organisateur qui n'est pas ici chez lui mais se comporte tout comme. Il faut dire qu'il a les moyens physiques et visuels de le faire. Un improbable croisement entre un transformiste néo-punk, un courtisan emperruquée du dix-septième finissant, avec justaucorps en synthétique et canne de rigueur, et une pute de luxe modèle grand standing, repeinte en fuchsia façon Rackham le Rose. Il est sémillant, prévenant et sans doute aussi dément. J'hésite encore sur le choix du pronom personnel et l'accord des adjectifs. Je trancherai plus tard et je décide d'entrer plus ou moins dans la demeure. L'endroit devrait m'être familier, j'y ai vécu plusieurs aventures palpitantes. Je ne reconnais rien. Les murs sont recouverts de toiles d'araignée, de papier crépon orange, de banderoles sinistres. Il y a toute une iconographie bizarroïde faite de squelettes rigolards, de citrouilles ricanantes, de chats noirs et de chauve-souris. Cette fois, je crois que je suis sur la bonne piste. (L'Oreille Cassée, planche 10, case 7) Le couloir principal qui permet d'accéder à toutes les pièces de la maison est, à lui seul, un splendide exemple de perversion artistique. Ce n'est pas de l'alph'art mais ça s'en approche. Comme si le capitaine confiait Moulinsart à de jeunes artistes encapuchonnés pour qu'ils laissent éclater leur talent comme un furoncle bien mûr.

Je croise le maître de maison, une espèce de faucheur dont le visage est caché mais pâle comme une merde de laitier et dont le nom ne me dira rien, ce qui tombe bien puisque je n'ai aucune intention de le lui demander. Il se coltine une faux en plastique et une paire d'ailettes en plumes noires, et il m'assure qu'à tout instant, il peut se transformer en femme. Je mets ses divagations sur le compte d'une euphorie temporaire et j'envisage d'entreprendre un pillage en règle du buffet. Je croise une multitude de zombies, des gens écrasés par un camion-citerne, mutilés par un ours, exécutés d'une balle dans la tête, des vampires sous Tranxène, des créatures de Frankenstein dont on ne cherche même plus à numéroter les boulons, et tout ce que les failles infernales comptent comme diables, succubes, démons, goules, nécrophages et autres morts de faim. Au milieu de cette foule de joyeux déterrés, j'aperçois un cheikh sans provision. Il s'agit sûrement d'Omar Ben Saalad. Sapristi, il ne faut pas qu'il m'échappe ! (Les Cigares Du Pharaon, planche 56, case 9) Je m'élance dans sa direction et je me prends les pieds dans un bataillon de confetti. Je tombe sur Heidi et je lui dis que je n'ai pas vu ses moutons. Elle me regarde d'un air sceptique et vide sa chope façon fête de la bière à Munich. Je suis désemparé.

Une accorte policière, un peu trop sexy pour être honnête, me tend un grand saladier d'orangeade et m'invite à y plonger un verre. Je la remercie chaleureusement et je lui emprunte son browning dans le cas où mon enquête viendrait à exiger le recours à la violence, chose que je condamne totalement. A cet instant, j'avise le maître de maison, le gourou ailé que j'ai entr'aperçu tantôt. Le voici qui se glisse dans une chambre avec une ravissante inconnue. Dieu sait quels sévices il compte lui faire subir. Je ne puis rester de marbre face à une illustration aussi criante de l'innocence bafouée. Hey, he's tonguing her! En une seconde, je suis sur place. Trop tard, le butor s'est cadenassé. Il faut enfoncer la porte, j'en prends toute la responsabilité ! (Le Secret De La Licorne, planche 13, case 10) Mais déjà, des invités qui ne soupçonnent rien de l'infâme complot qui se trame ici m'agrippent et me retiennent, me priant poliment d'aller faire mon esclandre ailleurs ou, au pire, d'aller jerker sous les ampoules clignotantes. J'obtempère à regret, mais je dois rester concentré sur mon reportage, retrouver Ben Saalad et découvrir ce que ce vilain métèque fiche ici. Mais non, je n'ai pas dit métèque.

J'accède enfin au buffet. Il y a de quoi bouffer pour mille ans. Si les zombies deviennent hargneux, on pourra toujours les foutre dehors et se barricader, on ne crèvera pas de faim. Tout le monde m'interpelle par mon nom, ce qui semble assez logique, me demande où se trouve le tire-bouchon et ce que j'ai fait de Milou. Sachant que je l'ai vendu à un laboratoire pharmaceutique pour m'acheter des pompes, je ne sais si je dois me montrer franc ou signer des autographes. Je m'essaie à la discussion de salon avec quelques démonnettes mignonnettes et je leur relate mes exploits de chasse en Afrique, ou comment je suis capable de dynamiter un rhinoceros. Elles semblent fortement excitées par mon intrépidité. Un vampire très cuir se mêle à la conversation et entreprend de m'expliquer que je suis un homme de mon temps. J'abonde dans son sens et nous échangeons quelques vues sur les ficelles que j'avais au képi au temps béni des colonies. Tout le monde est étonnamment gentil et attentionné avec moi. Il se passe ici quelque chose de louche. (Vol 714 Pour Sidney, planche 11, case 13) Je dois en être à mon sixième verre d'orangeade et je suis surpris de constater certains coups d'œil suspects dans ma direction qui ne sont pas sans rappeler ceux que j'adresse au capitaine quand il a un peu trop tâté du Loch Lomond. J'enquêterai là-dessus plus tard.

J'ai des souvenirs très confus de la soirée. Je me rappelle avoir fait le siège de la cuisine à un moment. La cuisine, c'est toujours là où on apprend tout ce qu'on n'a pas demandé à savoir. Il faut s'y trouver à point nommé mais aussi près du frigo. Sauf que présentement, je me fais coincer entre l'évier et l'égouttoir par Cruella de Vil. Son chirurgien esthétique doit bien gagner sa vie. Elle est plus jeune, plus jolie, moins déclavetée que chez Disney. Son manteau en dalmatien est assurément un faux. Elle est très proche de moi, tout de même. Malgré mon absence totale d'expérience en matière de conquêtes féminines tout au long de mes vingt-quatre albums, je crois pouvoir dire qu'elle est entrée dans un rite nuptial. Si je ne parviens pas à l'assommer, cette fois-ci je suis bien perdu. (L'Ile Noire, planche 45, case 5) Je dois m'extraire de là. J'ai des mystères à résoudre, des enquêtes à élucider, des aventures à trépider. Et accessoirement, un article à écrire. J'ai ses seins sous le nez et je sens son haleine sucrée. C'est une attaque de phéromones. She's fucking hitting on me. Je me parle souvent en anglais pour reprendre contenance et me rappeler que je suis traduit en cinquante langues. D'un bond leste, je me retrouve dans le couloir. L'endroit imparable et/ou improbable. Un mètre de large et un nombre d'invités équivalent à la population totale de la Syldavie passe par là en permanence. Je tape un joint à Frank Zappa et je n'arrive pas à décrocher de ses yeux. Je sens l'orangeade qui se rappelle à mon bon souvenir et je déplore que mon extrême naïveté ne m'ait pas permis d'y voir du punch.

Il doit être quelque chose comme trois heures du matin. Je danse depuis une éternité sur des beats assourdissants et j'en redemande. Tralala-outi ! Tralala-outi ! (L'Etoile Mystérieuse, planche 55, case 1) Il y a autour de moi une foule dense, compacte, dans laquelle on pourrait trancher aussi sûrement que dans du beurre, et où je crois apercevoir une infirmière coquine, une sympathisante des Droggs, Brice de Nice avec sa planche de surf à repasser, des groupies de Kiss, Jack Sparrow ou alors son cousin, un terrifiant travelo échappé de FGTH, maquillé au cirage, avec casquette de marin et bandana rouge pour s'essuyer le zob quand on a fini son affaire, un cow-boy sans son cheval – encore quatre et on pourra remonter Village People – un roadie d'Eric Clapton, une démoniste sans son pet ou le contraire, Ella Fitzgerald zombifiée et orange comme l'agent du même nom, flanquée de la méchante sorcière d'Oz qui prend tout le monde en photo depuis le début de cet armaggeddon, une chanteuse de charleston, trois grâces indiennes en sari et vaguement hippies dans leur approche de l'existence, et mille et une autres occasions de passer du bon temps. Je ne devrais pas être ici, je devrais être chez moi en train d'écrire mon article, j'en ai vu plus qu'assez, mon rédac-chef va encore me faire le coup du placard. Tout de même, je reste, j'espère bien pouvoir baiser avec Kim Wilde dans les water-closets avant cinq heures.

A d'autres heures, sans doute avancées de la nuit, je suis appuyé contre un mur de la salle de bal. Je retrouve un peu de maîtrise et beaucoup d'équilibre. Ce n'est pas possible, voyons. Je suis un héros pour la jeunesse. J'ai une crédibilité, une mission, un but. Je travaille à Reporters Sous Poppers, après tout. La putasse en bas roses et pantoufles Ikea de tout à l'heure a changé d'avatar et s'est désormais incarnée en un trapéziste épileptique. Il passe à mon niveau, m'empaquette la fesse gauche de sa paluche droite, me crie d'être plus souple du bassin et moins raide du pelvis. Il a l'air de savoir de quoi il parle. J'aurais dû m'imposer tout à l'heure, lui dis-je en substance et en franco-belge. Il m'écoute à peine et repart en sautillant, enchâssé dans son fuseau moule-couille, les pieds aussi nus et cradingues que ceux d'un Hobbit après six semaines à Gorgoroth. Rien à faire, il a sûrement été drogué. (Le Temple Du Soleil, planche 8, case 1) Personnellement, je n'ai rien contre la ligne claire si c'est en douce dans la cave. J'entreprends d'aller soulager un besoin naturel au jardin et un homme des bois, hirsute et patibulaire, armé d'une tronçonneuse, me saute dessus. Le contrôle de la soirée, en même temps que celui de mon appendice pénien, m'échappe totalement.

Je me suis enfermé dans le bureau. Quelques zombies affamés hurlent derrière la porte. J'ai perdu Ben Saalad dans la cohue du départ. Rastapopoulos s'est tiré depuis longtemps. Le trapéziste est sans doute quelque part pendu au plafond. Le propriétaire des lieux s'est changé en une Lili Marleen de fond de catalogue, avec boa en plumes de chez Tati et maquillage dégoulinant façon Joker après une nuit au poste. Le nombre de convives a fondu mais de l'Italo Disco passée en sourdine dans la pièce d'à côté devrait avoir raison des derniers survivants. Mon reportage est foiré, mon enquête avortée, ma houppette dégelée, ma réputation compromise. Le moment est sûrement venu d'aller m'écrouler sur la banquette arrière d'un taxi. Vite, au 26, rue du Labrador. C'était donc cela, la soirée de l'année, la sauterie du siècle, le happening festif le plus prisé de l'école franco-belge. J'en ai assurément pris plein les mirettes. Je suis mort, je suis repeint, je suis ravi. La prochaine fois, j'irai voir chez les Soviets comment ça se passe. Si nous filions à l'anglaise ? (Coke En Stock, planche 19, case 9) Sapristi, quelle claque, mon vieux Milou !

dimanche 9 octobre 2011

le salon L'ampleur du désastre

"What came first? The chicken or the dickhead?"

J'ai treize ans, je suis au bord du grand bain et je ne veux pas sauter. Le maître nageur alterne crises de démence, hurlements contrariés et réflexions humiliantes. J'ai les yeux braqués sur la ligne de flottaison. Deux mètres. Deux virgule zéro zéro. Parfois les remous de l'eau chlorée font disparaître la virgule. Deux cents mètres. Si je regarde l'abîme, l'abîme regardera peut-être aussi en moi. Un pas en avant et c'est le plongeon assuré.

Je vois revenir la rentrée avec un mélange d'horreur et d'impatience. Comme si ce retour à l'ordre universel des choses après une parenthèse estivale où même les vacances relevaient de la figure imposée pouvait relancer la machine. Combien de fois septembre s'est-il paré des atours du renouveau ? Le mois où il était enfin possible de tout recommencer. Recommencer. Verbe du premier groupe. Commencer de nouveau ce qu'on avait interrompu, abandonné ou rejeté. Faire de nouveau depuis le début ce qu'on a déjà fait. Un nouveau lycée. Un nouveau travail. De nouveaux amis. Un nouvel amant. Réamorcer la pompe. Se regarder dans le miroir de la salle de bains pour se persuader qu'on est toujours là. Tandis qu'une petite araignée chagrine caracole sur la glace, au-dessus des sourcils. Faire contre mauvaise fortune bon beurre et reprendre du gratin de peur qu'il vienne à manquer.

Te voici de retour sous le chapiteau du grand cirque numérique. Le premier chantier d'abattage du monde, le grand supermarché du cul, le planisphère sexuel où tu peux passer deux cents mecs à la moulinette virtuelle. Nul besoin de proposer une photo de ta gueule. Celle de ton torse ou de ta queue suffira amplement. Rejoins-nous, nous avons tant d'amour à donner. Nous portons haut le trench Kooples et la gabardine Burberry, toujours impeccablement coupés court derrière les oreilles. Nous nous regardons courir sur notre tapis, en lorgnant sur les pectoraux des autres jusqu'à ce que pointe l'autosatisfaction. Nous composons d'improbables playlists où Adèle côtoie les Black Eyed Peas, sans aucune considération logique, nous chinons dans les boutiques bio ouvertes le dimanche, nous allons boire des vodka redbull dans des bars circonstanciels avec douche comprise. Nous sommes les avatars de la pédéculture moderne et acclimatée avec nos t-shirts prédécoupés au laser et notre bronzage à la truelle ultraviolette qui nous donne l'air de sacs en croco. Nous sommes sublimes.

Chacun cherche sa chatte. Chacun veut du sûr, du concret, du durable. Chacun attend de l'autre ce qu'il se sait incapable de donner. Une relation sans prise de tête. Comme si c'était possible. La check-list de critères à cocher dépasse les plus folles longueurs et les plus royales espérances. Il faut veiller au poids, à la taille, au dégarnissement progressif, à la date de péremption, aux abdos survitaminés et au sourire prétentieux. Passé trente ans, inutile d'espérer escompter d'un bon à tirer. On n'y croit plus mais on veut bien rêver encore. On est prêt à courir toute la distance pour un morceau de cuisse bien servi. Nous l'avons claironnée, notre différence. Nous l'avons réclamée, notre assimilation. Au final, nous avons eu les deux. Nous sommes aussi fourbes que les autres. Nous promettons fierté et engagement le soir. Nous fuyons vers d'autres queues à gober le matin venu. Nous cherchons encore mieux, nous trouvons toujours pire. Notre estime personnelle se loge dans la poche du slip. Nous sommes immondes.

La viande se presse sur les autoroutes de Saint-Lazare. Tous ces corps tendus, ces dos ronds, ces regards éteints, ces visages cireux. Je suis le seul à monter les marches sans fixer mes pieds, sans avoir la tête dans le cul de mon voisin, sans penser à la liste des courses. Ils ont déjà tourné la page de l'été et tout ce qu'il en reste est un triste bronzage et de quoi se délier la langue devant la machine à café. Pour eux, sans doute, la rentrée est un affreux malentendu, une pilule amère qu'ils ne parviennent à avaler qu'en réfléchissant à leur prochaine destination de vacances ou en feuilletant des catalogues d'agences de voyages. Le retard est enfin rattrapé, le bar est synchronisé avec l'heure du serveur. Je ne tenterai plus rien avant les pluies de novembre. L'hiver est de toute manière toujours plus supportable que l'été. Je continuerai d'envoyer chier la planète entière, de revendiquer le droit d'être un connard, et de me payer la tête de tout ce qui grouille autour de moi. Il est assurément plus acceptable d'être mal embouché que mal habillé.

On peut faire d'exceptionnelles découvertes sur la banquette arrière. Il n'y a pas qu'au téléphone qu'il y a des parasites. On s'entoure sans même s'en rendre compte d'actifs toxiques qui finissent par occuper une place dans un espace vital qu'on aimerait voir aussi rempli et organisé que sa page Facebook. Les amis proches. Les amis. Les connaissances. Les cons. Il en est quelques-uns de la sorte qui ne servent plus à rien, qu'on garde par habitude, dont on suit sans grand intérêt les fluctuations de statut, et dont les préoccupations miséreuses semblent tellement déplacées qu'ils n'ont pour les nôtres qu'un sourire poli. J'ai passé trop de temps à attendre des instants exceptionnels dans des soirées qui ne l'étaient pas. A trop refaire le chemin à l'envers, j'ai dû finir par m'égarer, par repasser en boucle les mêmes chansons parce qu'il n'y a bien qu'Aretha qui soit la seule à pouvoir parler à mon âme. Je ne comprends plus rien à l'existence. Huit personnes aiment ça.

J'ai treize ans, je suis au bord du grand bain et je ne veux pas sauter. Le maître nageur empoigne sa perche et me pousse violemment. Je bascule en avant, trouvant à peine le temps de prendre une grande inspiration. La masse morte de mon corps coule à pic vers le fond du bassin. Je regarde l'abîme et l'abîme regarde ailleurs. Je ne vois ni n'entends plus rien que des milliers de petits carreaux ondoyants et des rires étouffés.

mardi 13 septembre 2011

la carte Avec ou sans glace

Entre 18 heures et 20 heures, c'est l'happy hour au Crocell Café.

le Monte Carlo Imperial

- Ingrédients : 2 cl de gin ; 2 cl de jus de citron ; 1 cl de crème de menthe.
- Présentation : A servir dans une flûte à champagne.
- Préparation : Mélanger les ingrédients dans un shaker avec des glaçons. Bien secouer et verser. Compléter avec du champagne jusqu'à atteindre le bord de la flûte.

mardi 9 août 2011

le club Crocell Café 23

En ce mois d'août pourri à souhait, la nouvelle compilation du Crocell Café s'adresse à tous ceux qui guettent la moindre occasion d'aller faire suer leur graisse sur des beats antédiluviens. Une orientation résolument disco - et plus si affinité - pour des morceaux qui frisent parfois la faute de goût mais il y a largement de quoi faire son marché et l'on est prié crocell café 23 - pochettede sautiller gaiement sur le dancefloor jusqu'à ne plus pouvoir supporter tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un rythme binaire. Bien sûr, la majorité des titres qui composent cette galette donnerait probablement l'occasion d'en poser une à n'importe quel audiophile qui se respecte. De la grosse merde pour radasse peroxydée ? Oui, sans doute, mais tout de même, que c'est bon ! Note : Chaque compilation Crocell Café est une œuvre unique qui n'existe que par la thématique musicale qui la gouverne et pour les oreilles ébahies du patron lorsqu'il l'écoute. Elle doit être considérée comme une suggestion d'accompagnement sonore, non comme un encouragement sournois à la piraterie sauvage. Nous ne sommes pas des flibustiers.

Crocell Café 23 - tracklist

01. Michael Jackson - Don't Stop Till You Get Enough 02. Candi Staton - Young Hearts Run Free 03. Abba - Summer Night City 04. The Spice Girls - Who Do You Think You Are? 05. Diana Ross - The Boss 06. Sylvester - You Make Me Feel (Mighty Real) 07. Fat Larry's Band - Looking For Love 08. Santa Esmeralda - Don't Let Me Be Misunderstood 09. Cerrone - Give Me Love 10. The Bee Gees - You Should Be Dancing 11. Spiller - Groovejet (If This Ain't Love) 12. Chic - Dance Dance Dance 13. Brainstorm - Loving Is Really My Game 14. Earth Wind & Fire - Boogie Wonderland 15. Duck Sauce - Barbra Steisand 16. Patrick Juvet - Où Sont Les Femmes ?

lundi 18 juillet 2011

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Angela Lansbury
- cliente du Crocell Café depuis 1971 -

jeudi 30 juin 2011

la terrasse Un jeudi sur deux

On y croit toujours. A certains moments plus qu'à d'autres. Quand on dégouline, entre deux verres de diabolo, sous le soleil de seize heures, au moment où la magnificence d'une paire de mollets exhibés sans détour fait saliver comme un loup affamé pendant tout un hiver. Quand on sue à ne plus savoir quoi faire de toute cette eau, pendant que les Chemical Brothers repeignent le dancefloor, parce qu'on a croisé un regard, une nuque, une odeur et qu'on se dit que tout pourrait basculer à cet instant. Quand on passe son après-midi avec lui, ce lui qui n'existait pas encore il y a deux jours, à s'abandonner un peu, à caresser sa peau, à mordre ses joues, à ne plus trop savoir à quelle heure tout ceci est censé s'interrompre et à s'en ficher, surtout.

On espère qu'il y aura un lendemain, à défaut d'un surlendemain. On veut bien croire à ses mensonges, à son esbroufe à dix balles le mètre. Si au moins il donne une raison de ne pas désespérer un peu plus, de ne pas céder à la frustration et à la détresse, on est prêt à mettre quelques livres de cœur sur la table. On se réjouit d'en avoir trouvé un vrai, un sûr, un douloureux peut-être mais qu'importe. Quelque temps au moins, il fera oublier les menteurs, les indécis, les autres déçus, et tous les morts de faim dans les bras de qui on espérait trouver quelque chose, une lueur, une flamme peut-être, avant que, déjà, une larme ne remonte des profondeurs, façon ultramoderne solitude. On ne demande même pas à y voir clair, seulement à y voir mieux.

On l'aperçoit fouillant dans une pile de polos, dans un de ces magasins où décidément, le monde est petit quand tout est en soldes. On hésite à l'aborder, on cherche un mot d'esprit, on se sent idiot. Un hochement de tête, un sourire suffirait peut-être. On se souvient de lui, de jeudi dernier, de la façon dont il faisait jouer ses mains sur la partition de son corps, de cette impression de sûreté ultime qu'il dégageait et de force contenue enfin libérée, de l'inconsistance du décor de la chambre, avalé dans toute sa signification avec chacun de ses coups de reins, on se repasse le moindre instant avec une absence totale de lucidité. On se souvient de l'avoir trouvé beau plus tard, sur le canapé, quand il fumait en souriant, de s'être dit combien le hasard défaisait bien les choses, d'avoir souhaité qu'il vienne à manquer comme l'air manque quand on croit étouffer de rage, d'angoisse ou de stupeur face à tout ce grand cirque qu'on endure chaque jour.

On espère grâce à lui faire enfin cesser les maux de ventre, les maux de tête, les mots d'esprit qui ne font plus rire personne depuis que Jérôme s'est tiré. On aurait pu lui parler du chantier à ciel ouvert qu'est la vie en général, de ce sentiment d'écœurement quand on réfléchit au chemin parcouru, de cette sensation de vide qui s'impose dans les ascenseurs musicaux, les escaliers mécaniques, les salles d'embarquement, et toutes ces zones de transit où l'on ne fait que passer d'un instantané d'existence à un autre et où la solitude s'accommode à merveille du poli de l'aluminium et du ricanement de l'air conditionné. On ne cherche pas à dresser un bilan, comme chaque fin de mois, des égarements ridicules qui ont une fois de plus permis de visiter la case départ. On pense seulement au moment où on sentira son parfum sur le col d'une veste.

On l'aborde enfin, avec tout le courage qu'on a entreposé en banque depuis la dernière déconnexion. On est prêt à lui dire qu'on aimerait le voir plus souvent. Que son étreinte a permis de remettre la main sur la confiance qu'on avait jetée aux ordures. Que s'il ne veut pas donner de l'amour, on se contentera de l'attente. Que cette espèce de plan cul à la carte, avec supplément d'affection un jeudi sur deux, pourrait devenir autre chose. On est prêt à lui dire tout cela, à l'exposer en long et en large, à prendre son temps pour le faire. Ses yeux sont toujours aussi limpides. On y lit une immense contrariété. Il tente de la dissiper. C'est trop tard. On a peur de ce qu'il va faire, de ce qu'il va dire. Ah, tiens, salut, ça va ? Comme à un collègue devant la machine à café. On a tellement peu de temps, en fait.

On découvre la femme menue et assez jolie qui le rejoint à cet instant, avec un modèle bicolore entre les mains. Deux boutons. On aurait sûrement choisi trois. Son regard se promène entre ces deux grands cons qui sont incapables de la moindre réaction. Elle attend quelque chose, il le remarque enfin, cherche ses mots, annone un prénom après avoir fait mine de le chercher alors qu'il semblait le connaître par cœur quand il le murmurait sur le revers de l'oreiller. Un collègue, dit-on en tendant la main à l'épouse, sans trop savoir si on lui sauve la mise ou si on répond au coup de fil spontané de la résignation consternée. C'est amusant de se croiser ici un samedi après-midi, ajoutera-t-on entre autres banalités conclusives. On ne va pas vous embêter plus longtemps. La franchise est la première victime des soldes d'été.

les parrains

"Why do you drink so much ?
- I drink to forget.
- To forget what ?
- I don't know, I forgot that a long time ago."

Frank Sinatra & Dean Martin

le patron

le patron

les brèves

"Quand même, ça aurait été trop cool si j'avais été pharaon !"

"Moi, je passe en mode crémeux."

"On devrait trop se faire une soirée cow-boy. Je louerais un taureau mécanique."

"Tu croyais quand même pas que j'allais me remettre en question ?"

"C'était un compliment.
- J'ai trouvé ça péjoratif.
- Dans ma bouche, tout est péjoratif."

"Je veux bien pleurer pour un chien mais pour des gens, faut pas pousser."

"L'alpinisme, c'est un truc de con. Faut être con pour monter sur une montagne.
- Ben quoi, t'es déjà monté sur un toit, non ?"

"Si j'étais vraiment bourré, je pourrais te prendre pour une meuf.
- Oui, mais ça durerait pas longtemps, crois-moi."

"Nous, on aime bien quand c'est bien."

"Tu aurais pu me rappeler.
- Si tu étais allé sur Facebook, tu aurais vu que j'étais pas dispo."

"Moi, si j'ai un chien, ce sera un Jack Daniel's."

"Elle doit être complètement dans un état de ouf !"

"Lacoste, les meilleurs polos, c'est les roses."

"C'est de la musique de pédé des années 80. C'est fraîchement soleil."

"Tu peux baiser ta demi-sœur d'un deuxième mariage ?
- Je crois pas. Y a un lien de parenté, quand même.
- Oui, mais si elle est bonne ?
- Ah là, d'accord."

"On s'est perdus pendant deux jours. On a mangé des fleurs."

"Ma sœur, elle tuerait pour avoir un Magimix."

"On joue à dix euros la cave.
- C'est quoi, la cave ?
- C'est ce que tu dois payer pour participer à une tournante."

"J'ai fait un coma éthylique. J'étais à un gramme neuf. J'étais déçu."

"C'est des gens différents. Ils sont un peu... Comment dire, particuliers.
- C'est des cons.
- Oui, si tu veux."

"Tu pourrais m'en filer. Je suis de gauche, moi, je partage.
- Et moi, je suis de droite, je garde tout pour moi."

"C'est pas plus grand que Paris.
- Je te dis que j'y comprends rien, à Nogent-sur-Marne."

"C'est bon ?
- Je sais pas si c'est bon mais ça passe."

"C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Oh, tu fais chier !
- Ça, c'est une métaphore."

"La punition, c'est deux doigts."

"On va là-bas, on boit des coups, on mate des culs et on rentre."

"Moi, je vais danser.
- Et moi, je danse avec qui ? Avec ma chatte ?
- Tu dis ça parce que t'es vaginale."

"Pendant que tu dors, l'oeil, il continue de regarder la paupière mais il se fait chier."

"Mais quand même, il baise des mecs.
- Oui, mais de façon virile et hétérosexuelle."

"A la piscine, tout le monde te regarde. Si tu te noies, c'est la honte."

"J'aime bien ma peau. Parfois je la caresse."

"Elle a un peu dérapé.
- Elle l'a sucé ?
- Non, ils en sont encore aux caresses.
- Elle l'a branlé alors ?
- Mais non, ils se frôlent, c'est joli."

"J'achète mes chaussures chez FootLeclerc."

"J'irais bien en vacances au Nigeria."

"Tu étais menaçant.
- Non, j'étais perplexe.
- Tu étais perplexe sur ma gueule, alors."

"En 95, j'étais paumé : j'écoutais du métal."

"Quand est-ce que t'as essayé d'être moins con ?
- Je sais plus.
- Je me disais aussi."

"J'ai de la chance. Mon chien aurait pu être homophobe."

"Lui, tout le fait chier.
- Attention, je suis pas sourd."

"Etre un chien, c'est un peu comme être bourré tout le temps."

"Un fauteuil, mon pote ! Tu fais l'amour dedans, dans toutes les positions ça rentre."

"Il fait de la muscu, d'accord, mais pour sa gueule, ça change rien."

"T'es peut-être citoyen du monde mais ici, c'est moi le patron."

"Comment tu fais pour ne pas devenir alcoolique ?
- Je bois très souvent."

"Quand il sort le samedi, il met son survêt de soirée, attention."

"Ça te fait pas chier d'appuyer
ton coude sur mon doigt ?"

"Si tu dis du mal d'Elvis, je te tue."

"Des fois, je rêve que tu me payes un coup.
- Les rêves, ça se réalise jamais."

"Il est d'où, ton copain ?
- Oui, il est très doux."

"Dans les transports en commun, c'est surtout le mot commun qui me dérange."

"Je mets pas trois mille balles dans une cafetière.
- Ce que tu peux être radin !"

"Il habite Clignancourt.
Moi, Clignancourt, rien que savoir que ça existe, ça me déprime."

"Un barbecue de folie, je te jure. Tu t'approches trop de la flamme, tu fais partie du plat."

"Quand est-ce qu'ils vont faire un micro-ondes qui fait de la glace ?"

"Tu sais ce qu'on dit : petite voiture, grosse bite.
- Ça, c'est un truc qu'on a inventé pour rendre la vie des pauvres plus supportable."

"Le malheur des riches, c'est tout de même plus intéressant que le malheur des pauvres."

"Tu peux pas utiliser Action 2 quand il y a Dash 3."

"Je suis capitaine de soirée. C'est moi qui apporte le champagne !"

"C'est quoi, le polythéisme ?
- C'est quand tu fais une OD avec du Lipton."

"La plus grosse insulte qu'il connaisse, c'est militant."

"Les chercheurs, quand ils ont trouvé, ils doivent changer de métier."

"La parité, ça marche dans les deux sens. Moi, par exemple, je travaille qu'avec des femmes.
- Et tu t'en tires ?
- Je m'en tire quelques-unes, ouais, ça va."

"J'ai horreur des syndicalistes, ils s'habillent très mal."

"Il te dit rien, il boit son coup et en douce, il file à l'anglaise.
- C'est de la grivellerie.
- Mais non, c'est du Picon."

"Tu vas pas boire tout ça ?"
- T'as rien d'autre à boire, aussi."

"Quand t'as fait tout le tour de la question, tu reviens à ton point de départ. Alors moi je dis, t'es pas plus avancé."

"Pourquoi faut-il toujours que tu m'humilies devant tout le monde ?
- Parce que devant personne, ça n'a aucun intérêt."

"J'ai regardé du curling hier à la télé. J'ai rien compris.
On dirait un concours de femmes de ménage."

"Un pet, ça se sent.
- T’as l’oreille fine, toi."

"Un écureuil, c'est même pas un vrai ours, d'abord."

"Si ça fond au Pôle Nord, la Seine, elle va déborder.
- Moi, ça me ferait chier, j'habite au rez-de-chaussée.

"Tu utilises tes mains à 50% avec tes jambes."

"T'es chiant à force. Pourquoi tu dis toujours oui ?
- Parce que non, je trouve ça négatif."

"Avant qu'on soit dimanche,
on était quel jour ?"

"Le pire, avec les bègues, c’est que t’as envie de finir leurs phrases, mais t’as pas le droit."

"Dans les films sur l'inceste, finalement, ce qui manque, c'est du cul."

"Bon, moi, je vais boire, au moins j'aurai un prétexte."

"Les cheveux, en fait, c’est des petits os."

"Avec le capitalisme, au moins, y a des riches et des pauvres. Avec le communisme, y a que des pauvres."

"Pourquoi tu mets ton doigt devant ta bouche ?
- Parce que je suis à l'ouest et que ça m’aide à me taire. Tu mets ton doigt devant ta bouche et ça stabilise la connerie, si tu veux. Ça l’empêche de sortir, quoi.
- Et ça marche ?

"Moi, je pourrais pas me noyer, je respire en dormant."

"Non mais t'as déjà vomi ?
- Ben ouais.
- Et tu continues ?"

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